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Maintenant, à nous!

Maintenant, à nous!

Par Savvas Kalenteridis

Dans quelques jours, il y aura un sommet de l’UE, dans lequel la question de la Turquie sera discutée et si des sanctions seront imposées.

L’erreur qui a été commise en la matière par Chypre et la Grèce est que nous nous sommes limités aux questions qui nous préoccupent et que nous avons laissé en dehors de l’agenda européen des problèmes de premier plan qui concernent l’ensemble de l’Union européenne.

Parce que, autant vous insistez et demandez aux autres États membres de l’UE de manifester leur soutien aux questions qui vous concernent et que vous ne soulevez pas les questions qui les concernent, autant affaiblissez-vous votre position.

Nombreuses sont les questions, au delà de nos questions nationales, pour lesquelles nous pourrions d’abord préparer l’opinion publique européenne et ensuite les soulever lors du sommet.

En voici quelques-unes:

  1. Coopération de la Turquie avec les organisations terroristes islamistes.

La Turquie a fait un «art» de la coopération avec de telles organisations.

Premièrement, elle coopère depuis des années et continue de le faire avec les terroristes de l’État islamique, dont les dirigeants étaient basés en Turquie et ont collaboré avec la famille Erdogan dans le trafic et la vente de pétrole extrait des puits de pétrole syriens. La Russie a soumis un dossier pertinent sur cette coopération à l’ONU.

Deuxièmement, elle coopère, forme et équipe des groupes terroristes islamistes, qu’elle cible ensuite contre les Kurdes en Syrie, en commettant, par l’expulsion des Kurdes et par changement démographique, un nettoyage ethnique et génocide à Afrin, Al Bab, Gire Spi, et Sere Kaniye, toutes régions du nord de la Syrie.

Troisièmement, elle coopère, forme et équipe des groupes terroristes islamistes dans la région d’Idlib, qu’elle occupe, avec des troupes travaillant ouvertement avec ces groupes. En fait, des camps du Front al-Nousra, une branche d’Al-Qaïda, sont situés à quelques kilomètres de la frontière turque dans le gouvernorat d’Idlib.

Quatrièmement, elle coopère, forme, équipe et transporte des groupes terroristes islamistes en Libye, où elle les utilise pour établir un régime islamique sous contrôle turc dans ce pays. Cette question concerne directement l’UE, car à partir de là, la Turquie jouera le même jeu bien connu de trafic illégal d’immigrants musulmans vers l’Europe, dans le but évident d’augmenter le nombre de communautés musulmanes, en accord avec la planification centrale d’Ankara pour le contrôle en temps voulu de l’Europe elle-même.

Cinquièmement, elle coopère, forme, équipe et transporte des groupes terroristes islamistes en Azerbaïdjan, pour participer à la guerre du Haut-Karabakh et ensuite les installer dans les territoires occupés, dans le but de changer leur démographie et de nettoyage ethnique de la population chrétienne.

  1. Trafic illégal organisé de musulmans étrangers

La participation des services de l’État turc dans le trafic illégal d’étrangers, en grande majorité de religion musulmane, vers la Grèce et Chypre, dans le but de changer la démographie de la Grèce et des pays de l’Union européenne, est bien connue de tous et en particulier de la force FRONTEX. Et cela parce que les étrangers qui entrent illégalement en Grèce ont pour objectif de se rendre dans d’autres pays européens, afin de bénéficier des mesures de prévoyance sociale et des allocations de l’État providence et de satisfaire la clause du Coran qui leur demande de répandre l’Islam dans le monde entier.  

Le gouvernement grec peut préparer et livrer aux pays de l’UE un dossier avec des faits et documents choquants, prouvant l’implication de l’État turc et la coopération des services turcs avec les bandes de passeurs.

  1. Action des organisations paraétatiques turques dans les pays de l’UE

La Grèce détient des preuves des activités de telles organisations dans les pays de l’UE, impliquées dans le trafic de la drogue et d’exercice de terrorisme contre les Kurdes, les Alevis, les Arméniens, les opposants au régime d’Erdogan, etc.

En la matière, la Grèce trouvera des oreilles favorables, après la montée récente des cas de terrorisme islamiste dans les pays de l’UE, lesquels cas, du moins au début, à défaut de les applaudir, la Turquie s’est empressée de les justifier.

  1. Violation des droits de l’homme

La Turquie étant un pays candidat à l’adhésion, elle est tenue de se conformer aux critères de Copenhague ainsi qu’aux normes des droits de l’homme qui s’appliquent en Europe.

Il est inconcevable que l’Europe ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme, sur l’arrestation de journalistes, d’avocats, de médecins, de  citoyens ordinaires, simplement parce qu’ils n’aiment pas le régime d’Erdogan.

Le dossier à envoyer aux pays de l’UE et à être soumis au Sommet, sur cette question, devrait être volumineux.

  1. Génocide politique des Kurdes

Nous avons laissé en dernier lieu la question de la persécution des Kurdes, car il s’agit peut-être du seul cas au monde où un État qui revendique avec arrogance l’égalité politique pour une minorité de 180.000 personnes, soit 18% de la population d’un autre État, non seulement ne reconnaît pas les mêmes droits à une minorité correspondante de 20 millions de personnes, mais les prive même de leurs droits fondamentaux.

La Turquie exige l’égalité politique et le contrôle de tout l’État de Chypre par les Chypriotes turcs, qui représentent 18% de la population de l’île, et refuse même le droit à l’éducation dans leur langue maternelle aux Kurdes, qui sont autochtones et vivent depuis des milliers d’années dans la région, tandis que les Turcs n’y sont que des envahisseurs et conquérants.

Et tandis que le gouvernement turc, auquel fut remis Ocalan à Nairobi en 1999, avait promis aux États-Unis qu’il permettrait aux Kurdes d’exercer des activités politiques et de s’exprimer, ces dernières années, l’État turc a arrêté et emprisonné les coprésidents du Parti démocratiques des peuples ( HDP ), des dizaines de députés et des maires élus avec 70% et 80% des suffrages, qu’il a remplacés par des commissaires d’État, alors qu’il a également arrêté et emprisonné des milliers de politiciens du HDP et d’organisations de masse représentant le peuple kurde agonisant.

Ces quelques mots donc. Il serait donc bon que nos diplomates comprennent que le problème de la Turquie islamiste expansionniste d’Erdogan n’est pas uniquement grec mais principalement européen, et sur cette base, qu’ils se préparent de façon à être «en armure de bataille» au Sommet, car il a été prouvé que lorsque nous exigeons à titre de juste aumône la compréhension et le support des États membres de l’UE seulement pour des questions qui seules nous concernent, nous n’obtenons pas grand’ chose.

Après tout, comment une autre personne peut-elle montrer qu’elle comprend vos propres problèmes, alors que vous ne faites pas preuve de sens pratique pour les siens?

Allons donc! Travaillez et prenez de la peine, un trésor y est caché…

Remarque: Cette tragédie hilarante du nettoyage ethnique des Kurdes par l’État turc doit cesser. Parce que les Kurdes n’ont pas leur propre État, pour dénoncer les massacres et les violations de leurs droits, nous ne les laisserons pas seuls sous le joug des Turcs. Que les États-Unis, la Russie et l’Union européenne prennent leurs responsabilités et cessent de jouer à des jeux sur le dos d’un peuple de 40 millions d’âmes.

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